NTERVIEW JACQUES ANTOINE BRETTEIL - FINANCIERE ICG

Publié le par LinXea

NTERVIEW JACQUES ANTOINE BRETTEIL - FINANCIERE ICG

On ne peut pas jouer contre la Fed

Jacques-Antoine Bretteil, président de la Financière ICG : Non, mais il faut faire très attention. Rien n'est sûr, mais enfin je pense que de toute façon, le jour, non pas où les taux vont remonter, mais où le sentiment des marchés va commencer à imaginer que les taux vont remonter, à mon avis ce n'est pas très éloigné parce que les taux vont remonter probablement d'ici entre mars et juin 2015, mais on l'anticipera certainement avant. Donc ce jour-là, je pense qu’effectivement on aura du souci à se faire parce que il y aura probablement… on ne pourra pas faire l'économie d'un krach obligataire. Il y a de telles liquidités sur ces marchés que, de toute façon, à partir du moment où vous allez avoir les taux passer de 0,9 ou 1 % à 2,5 ou 3 %, là vous allez avoir une rupture de vagues et probablement, je vous dis, un krach obligataire. On pourra difficilement faire l'économie de ce krach obligataire.

Aujourd'hui ceux qui pensent que l'on peut l’éviter parce que ce pilotage (de la FED) est si fin, ce n'est pas possible ?

Jacques-Antoine Bretteil, président de la Financière ICG : Non, non, on est vraiment dans le verbe de toute façon, on est dans le verbe. Le jour où on sera dans l'action, où effectivement les taux vont remonter, là je pense que l'on aura probablement des réactions complètement différentes. Et évidemment, si vous voulez, je pense qu'après, ce ne sera peut-être pas un krach obligataire, mais cette espèce de chaos que l'on risque d'avoir sur les marchés de taux va probablement dans un deuxième temps profiter au marché actions, forcément, avec un système presque de plomberie, si vous voulez, entre les flux qui vont déferler des marchés de taux vers les marchés actions, je pense que là on aura probablement dans un deuxième temps une hausse des marchés actions. Mais pour le moment, les fondamentaux, de toute façon, ne sont pas suffisamment bons pour que l'on puisse imaginer que les marchés continuent comme cela de manière exponentielle.

Finalement c'est cet afflux de liquidités qui a complètement changé la donne sur les marchés ?

Jacques-Antoine Bretteil, président de la Financière ICG :

Complètement. Je vous dis, les marchés sont anesthésiés. On leur fait des piqûres de rappel en permanence et le fait que ces liquidités soient a priori en profusion et sans fond, cela continue, cela continue à affluer, cela continue à affluer. Mais je vous dis, encore une fois, il ne faut pas non plus se réjouir trop vite parce que cela veut dire que fondamentalement les économies sont extrêmement fragiles, on l'a vu avec l'économie allemande par exemple, et à mon avis l'économie américaine est fragile aussi, ce qui veut dire que, dans le courant des prochains mois, on aura peut-être de moins bonnes surprises sur la macro-économie américaine.