Embellie hivernale ou rallye de fin d'année ?

Publié le par LinXea

Embellie hivernale ou rallye de fin d'année ?
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Ce mois-ci, découvrez les news de marché de Décembre 2016 :
 
Avec des grands indices qui sont encore en dessous de leur niveau du début de l’année 2016, on pourrait s’attendre à ce que la fin d’année apporte quelques bonnes surprises pour les valeurs françaises et européennes.


Les dernières semaines de 2016 permettront-elles de terminer l’année sur des notes positives ?
David Ganozzi, gérant de Fidelity Patrimoine, dans L’hebdo des marchés n° 235 note « un retard de valorisation des marchés actions européens, surtout après le rebond des indices américains …./… Après le Brexit, le Vieux Continent reste pavé d’incertitudes avec un calendrier politique qui continue de faire son œuvre sur le mental des investisseurs. Car en matière de mauvaises surprises, l’année n’est pas totalement terminée. Après le référendum anglais, c’est celui de l’Italie qui se profile désormais le 4 décembre. Les italiens se rendront alors aux urnes pour se prononcer sur une réforme constitutionnelle qui devrait profondément modifier le fonctionnement de la vie politique dans la péninsule.»

Même si, depuis des mois, l’indice français CAC 40 et l’indice européen DJ Eurostoxx 50 font du « sur place » - avec des périodes positives plus ou moins longues avant de redescendre - sans arriver à convaincre massivement les investisseurs, tout n’est pas noir. On peut rencontrer des gérants qui termineront l’année 2016 avec d’excellentes performances.

Du côté des petites et moyennes valeurs

Sauf accident de parcours de dernière minute, l’année 2016 sera très satisfaisante pour les épargnants qui ont choisi les deux fonds que nous vous présentons ce mois-ci: Keren Essentiels de Keren Finance et Quadrige Rendement de Inocap.
Ces deux fonds ont apporté jusqu’à présent des gains élevés, allant même jusqu’à presque tripler sur certaines périodes les gains de l’indice des petites et moyennes valeurs. Un segment des marchés financiers qui reste porteur dans un monde où les obstacles ne manquent pas.
Certains obstacles pourraient d’ailleurs être levés lorsque seront adoptées les préconisations du Livre Blanc «  Compétitivité de la place de Paris de l’Association Française de Gestion ». Ces recommandations ont pour objectif de « hisser la place de Paris au rang de référence de l’Europe continentale ».
Le Livre Blanc rappelle que « La Place possède de substantiels atouts pour devenir le hub d’un marché unifié de 500 millions d’européens. …/… Filière d’excellence et industrie stratégique, la gestion d’actifs contribue à la vitalité économique de la France : avec plus de 630 sociétés de gestion, dont 4 dans le top 20 mondial, elle gère 3 600 milliards d’euros d’actifs – sur 21 000 milliards d’euros en Europe – génère 85 000 emplois, et participe au dynamisme d’une industrie financière forte de plus d’un million de personnes.»

Le texte du Livre Blanc est consultable ICI.

Retour positif sur les élections américaines

Au lendemain de la victoire de Donald Trump, COGEFI Gestion le 9 novembre 2016 « pense utile de relativiser l’impact négatif de cette élection sur le marché au regard du programme des républicains favorable à certains secteurs de l’économie américaine » et COGEFI liste ces points positifs :
•    La baisse  de la fiscalité des entreprises, de 39% à 15%, soit 10 trillions$ de réduction d’impôts, ce qui profitera aux résultats des entreprises américaines.
•    Un soutien à la consommation via la hausse des salaires (10 $/heure minimun vs 7,27 $/heure) et aux créations d’emplois.
•    Un moindre mal pour le secteur de la santé car H. Clinton voulait baisser le prix des médicaments.
•    Un allègement des contraintes règlementaires sur le secteur bancaire américain, puisque H. Clinton souhaitait encore renforcer la régulation.
•    Une augmentation significative des dépenses d’infrastructures : 1 trillion$ sur 10 ans.
•    Un renforcement du secteur de la défense.
•    Un impact mitigé sur le secteur de l’énergie, car D. Trump privilégie la production de pétrole et gaz de schiste, tandis que H. Clinton était pro énergies renouvelables. Cependant cela risque d’entraîner un nouveau déséquilibre, et donc une baisse des prix de l’énergie.
•    Le secteur informatique pourrait bénéficier de la révision du système de santé, et de la restriction des visas promise par D. Trump qui pénalisera les concurrents indiens.

Des secteurs à privilégier

Selon Rothschild Asset Management (lettre d'information du 17 novembre 2017) : « Ce contexte sera bénéfique à l’accroissement de la rentabilité des établissements financiers et favorisera les programmes de retour aux actionnaires, avec davantage de flexibilité sur les contraintes bilancielles. On notera par ailleurs que le phénomène de repentification de la courbe des taux souverains américains, dû à la crainte de dérives budgétaires et à la remontée des anticipations d’inflation, devrait s’avérer porteur à la fois pour les banques et pour les assurances. …/…
L’allocation sur l’énergie sera un des principaux bénéficiaires de la politique du futur Président, avec la croissance attendue de la reprise des investissements au sein de cette industrie et sera directement bénéfique aux compagnies de services parapétroliers. Les matières premières dans leur ensemble devraient bénéficier de ce contexte avec l’effet de la matérialisation d’un “reflation trade”.
En dépit d’un impact sur le change, le secteur du luxe devrait se montrer résiliant et en grande partie agnostique à cet événement.
Les transports ferroviaires affichent des perspectives globalement positives, forts de leurs expositions aux transports de produits pétroliers et de charbon. Néanmoins, l’activité des segments intermodaux internationaux est à risque avec une possible remise en cause des principaux traités de libres échanges. La progression de la partie  domestique devrait néanmoins mitiger cette baisse
La santé et les biotechnologies devraient directement bénéficier du résultat de ce scrutin. Les pressions imposées par le camp démocrate sur la tarification des médicaments devraient progressivement disparaître. Une performance marquée de ce segment sous l’effet d’une rotation sectorielle est à anticiper compte-tenu de ses niveaux de valorisation et de sa très faible détention par les investisseurs. »

Jours de fête à Wall Street

Le mardi 22 novembre 2016, les indices boursiers américains ont touché des sommets : Le S&P 500 est passé au-dessus des 2 200 points, le Nasdaq Composite à 5 386 points le même jour et le Dow Jones Industrial dépassait également les 19 000 points.
A la veille (le 23 novembre) de Thanksgiving la hausse se poursuivait.
Même enthousiasme au lendemain de Thanksgiving, le 25 novembre 2016 : 2 213 points pour le S&P 500,  5 398 points pour le Nasdaq Composite, quant au Dow Jones Industrial il clôturait à 19 152 points.
Et la bonne humeur semble se poursuivre….


Mais la fête va-t-elle se poursuivre ?

Ce n’est pas l’avis de Éric Mijot, Stratégie et Recherche Économique chez Amundi AM : « Après plus de 7 années de hausse, le marché américain est entré en bulle. Or les cycles d’investissement se terminent souvent quand le marché leader se retourne ; si on se réfère aux précédentes bulles (1987, 2000, 2008), il faudra donc être vigilant à l’approche du second semestre 2017. Mais ce cycle pourrait aussi jouer les prolongations…
Pour l’Europe, Éric Mijot, prône une allocation diversifiée : « Au plan sectoriel, cette conjonction de croissance molle, d’incertitudes politiques et de faibles marges de manoeuvre, tant au plan monétaire que budgétaire incite à une allocation moins pro-cyclique qu’aux États-Unis mais relativement diversifiée ».

L’intervention des banques centrales mène le jeu

Bastien Drut, Stratégie et Recherche Économique chez Amundi AM rappelle que : «  Comme pour les années précédentes, l’évolution des marchés obligataires en 2017 continuera d’être au moins en bonne partie liée aux politiques monétaires des grandes banques centrales puisque :
-  la BCE et la Banque du Japon continueront d’acheter des montants très importants de dette souveraine ;
-  la Fed continuera de réinvestir tout au long de la courbe les bons du Trésor qu’elle détient et qui arrivent à maturité (200 Mds $) ;
-  les banques centrales des pays producteurs de matières premières (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande) pourraient à nouveau baisser les taux directeurs : 1) à cause de l’affaiblissement de la croissance potentielle dans ces pays,  2) à cause des risques portant sur l’économie chinoise.
Pendant encore quelque temps, les politiques massives d’achats d’actifs de la BCE et de la Banque du Japon induiront les investisseurs de ces zones à chercher du rendement à l’étranger et notamment aux États-Unis. Ces facteurs sont clairement de nature à empêcher une montée durable des taux longs.» (Source : Amundi AM. « Cross Asset Investment Strategy » novembre 2016).

Trois segments d’obligations présentent un intérêt

Dans le « Flash Allocations d’actifs » du 24 novembre, Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué en charge des gestions de OFI AM estime que « Les prochaines interventions des banques centrales resteront modérées. La Fed devrait relever de 0,25% ses taux directeurs en décembre. OFI AM garde une vue positive sur les obligations émergentes et les obligations indexées sur l'inflation, ainsi que sur les obligations convertibles.»
Pour Lieven Jacobs, Directeur de la Gestion chez Quilvest AM « Il faut bien reconnaître que l’application de taux négatifs aboutit jusqu’ici à des résultats opposés à ceux escomptés. A vrai dire, la BCE doit même se garder d’aller plus loin dans cette voie ! Car la politique de taux bas de la BCE – qu’il s’agisse des taux de dépôts négatifs ou du taux directeur a zéro – a eu pour conséquence le tarissement des sources de rendement que représentaient les marchés de taux.
Dans son point de vue du 24 novembre Quilvest Asset Management estime que « L’impact sur les marchés monétaires et obligataires a été considérable. Les investisseurs habitués aux actifs réputés sans risque ont ainsi subi une profonde dilution de leur « pouvoir d’achat » sur les marchés obligataires. La faiblesse des taux pénalise la rentabilité du capital investi et son redéploiement dans l’économie réelle, hypothéquant les capacités de participation des investisseurs à la croissance économique. »

Perspectives à court terme

« En 2017, les conditions de marché seront davantage favorables
aux actions qu’aux taux souverains », estime Groupama Asset Management dans sa Stratégie d’investissement 29 novembre 2016 qui prédit que « Les perspectives de croissance attendues au potentiel et la remontée des anticipations d’inflation auront une influence, tant sur les marchés actions que sur les marchés de taux. Une croissance positive mais modeste est de nature à soutenir les actifs risqués ». Et Gaëlle Malléjac, Directrice des gestions actives de Groupama AM nuance la hausse attendue : « Nous jugeons cependant le potentiel de hausse des marchés actions assez limité, de l’ordre de 6% pour l’indice EuroStoxx en 2017 et de 8% pour le S&P 500 ».


Quelles tendances pour les actions à long terme ?

Les Mappings utilisés par Amundi AM sont des outils d’aide à la décision. Leur but est de positionner les marchés les uns par rapport aux autres, un peu comme on prendrait une photographie de la situation existante. Ce qui permet de dégager des problématiques et de suggérer des réponses objectives.
Les Mappings sur les actions internationales développés par Éric Mijot , Stratégie et Recherche Économique chez Amiundi, font apparaître les tendances suivantes :
- Le Mapping global positionne encore les Etats-Unis en Star. Ils se sont fait rejoindre par les marchés émergents. Les marchés d’Amérique Latine, le Canada et l’Australie ont été précurseurs (rebond des matières premières) et sont maintenant rejoints par l’Europe et l’Asie émergentes. L’Europe développée et le Japon sont à la traîne. Les profits ont été pénalisés par les devises et les déboires des banques. Leur capacité de rebond est donc non négligeable à la condition que ces obstacles soient levés.
- Le Mapping global par capitalisations fait ressortir que pour chaque région du monde développé, les petites valeurs sont en avance sur les grandes valeurs, si on considère le sens de rotation des aiguilles d’une montre. Cela exprime un mouvement global vers des thématiques à la fois plus cycliques et domestiques. Un mouvement intéressant à noter alors que le tout début d’année est souvent propice aux petites valeurs.
- Le Mapping sectoriel global fait aussi ressortir une plus forte appétence pour les secteurs cycliques : matériaux de base, énergie, industrielles et technologie (secteurs en Star ou proches de l’être). Viennent ensuite les secteurs défensifs qui pourraient revenir sur le devant de la scène ultérieurement. Parmi eux, la santé est survendue et pourrait constituer une opportunité après les élections américaines. La position (en Doubt) des valeurs financières est influencée par le poids des financières américaines. On remarque qu’elles sont très peu chères par opposition au secteur de la technologie. (Source : Amundi AM. « Cross Asset Investment Strategy » novembre 2016).