Raz-de-marée sur les fonds small caps !

Publié le par LinXea

Raz-de-marée sur les fonds small caps !

Du jamais vu en un quart de siècle

Malgré ses 24 ans à la tête du fonds Indépendance et Expansion, William Higgons a vécu une fin d’année 2016 inédite.

Aux commandes depuis 1992, le gérant de ce fonds spécialisé sur les petites valeurs françaises travaillait avec 20 millions d’encours en 1993 et avait atteint au maximum 200 millions d’euros en 2007. Son encours stagnait depuis entre 100 et 200 millions d’euros, malgré d’excellentes performances.

Fin 2016, la souscription s’est emballée, plaçant Higgons à la tête de 300 millions d’euros... assez pour se payer 100% de plusieurs sociétés présentes dans son portefeuille ! De quoi le convaincre de fermer les souscriptions jusqu’à nouvel ordre afin de préserver les intérêts des porteurs.


Privilégier la performance plutôt que l’encours

Cette histoire n’est pas unique. Début 2017, de nombreux fonds small caps ont commencé à refuser les nouvelles souscriptions. Outre Indépendance et Expansion, on peut citer Echiquier Entrepreneurs, Quadrige, Portzamparc PME, Pluvalca Initiative PME... et la liste peut encore s’allonger.

Un point commun entre tous ces fonds : ils ont réalisé des performances exceptionnelles en 2016 (jusqu’à +37% pour Quadrige), surperformant de loin le  CAC 40 (+7% dividendes réinvestis) et le CAC Small (+10%), indice représentatif des petites valeurs. Et surtout, ils ont enregistré un flux de souscriptions démesuré par rapport à leur capacité à réinvestir correctement ces fonds.

La fermeture consiste à refuser les nouvelles souscriptions afin de limiter l’encours du fonds. Elle ne contraint pas les investisseurs actuels, libres de sortir à leur guise. Mais comme au théâtre, toute sortie est définitive.

Pour les gérants, le choix est clair : mieux vaut préserver la performance à long terme que de courir après la collecte.

Un encours modéré permet au gérant d’exprimer ses convictions sur des valeurs peu liquides, sans risquer de décaler le marché avec des ordres disproportionnés. Dans un fonds trop important, la contribution des petites valeurs devient rapidement non significative, diluant la performance.

A la recherche d’un fonds encore ouvert

Signe du comportement moutonnier des investisseurs, une annonce de clôture a tendance à accélérer les souscriptions sur tous les fonds similaires. Ajoutez l’effet Janvier, traditionnellement un bon mois sur les small caps, et c’est un raz-de-marée de liquidités qui a inondé ce petit segment de la cote parisienne.

Le site Morningstar publie mensuellement les statistiques des fonds les observés sur son site. La liste de février témoigne de cette recherche effrénée de fonds small caps encore ouverts :
http://www.morningstar.fr/fr/news/157001/fonds-les-id%C3%A9es-dinvestissement-les-plus-recherch%C3%A9es-en-f%C3%A9vrier-2017.aspx
Aux côtés de mastodontes tels que Carmignac Patrimoine figurent des fonds jadis bien plus confidentiels...

Effet de mode ? Redécouverte d’une classe d’actif souvent absente des portefeuilles ?

 

Un fonds fermé : un club de privilégiés

Nul ne sait si cet afflux de souscriptions se révélera judicieux. Mais être client d’un fonds fermé présente certains avantages.

Un encours stable permet au gérant de se concentrer sur la sélection de titres sans subir les humeurs de ses investisseurs, qui ont tendance à ajouter des liquidités en haut de cycle et à les retirer en bas de cycle. Cette stabilité peut apporter un léger surcroît de performance supplémentaire.

Le fonds Moneta Micro Entreprises a fermé à 200 millions d’euros en 2009 après une performance annualisée de +17%/an entre 2003 et 2009. Une fois fermé, il a réussi à maintenir sa performance en progressant en moyenne de +18%/an entre 2009 et 2016.

Gérant aujourd’hui 300 millions d’euros, il rouvrira si son encours retombe sous 200 millions d’euros. Impossible de savoir à quel point la fermeture a contribué dans la performance, mais les investisseurs historiques ont toutes les raisons se sentir membres d’un club de privilégiés.

 

Historiquement, le segment small caps a surperformé le marché

L’existence d’une “prime de risque small caps”, surcroît de rendement qui rémunère un risque supérieur, a été constatée historiquement et reconnue académiquement.

Comparées au marché, les petites entreprises ont un potentiel de croissance est plus fort (il est plus facile de doubler un CA de 50 millions d’euros que de 50 milliards), les intérêts du management y sont souvent mieux alignés avec ceux des actionnaires, et leur stratégie est plus lisible.

En contrepartie, moins internationales et moins diversifiées que les grands groupes, elles sont plus sensibles aux cycles économiques : à rendement plus élevé, risque plus élevé. Un terrain de jeu idéal pour les gérants “stock pickers”.

Leur cours de bourse est davantage soumis aux flux acheteurs et vendeurs, faible liquidité oblige. Sans soutien acheteur des fonds qui ont fermé, pourront-elles poursuivre leur performance grâce à leurs fondamentaux ?


Quelques idées d’investissement selon votre scénario...

- Vous souhaitez continuer à investir sur les petites capitalisations françaises

De nombreux fonds de taille raisonnable acceptent encore les souscriptions.

On peut citer Cogefi Chrysalide, Keren Essentiels, ou HMG Découvertes, ce dernier ayant reçu le mois dernier le prix “Meilleur fonds Actions Moyennes et Petites Capitalisations France” de la part de Morningstar pour ses performances ajustées du risque à 1, 3 et 5 ans.
Mais aussi Sunny Managers et Id France Smidcaps, récemment ajoutés aux contrats Linxea.

- Vous craignez une surchauffe sur les petites capitalisations françaises

1/ Vous souhaitez conserver la thématique small caps et traverser les frontières

La plupart des fonds fermés investissait sur le marché français. L’outil X-Ray peut vous permettre d’élargir votre horizon.

Dans la catégorie “Actions Europe Petites Cap”, vous trouverez par exemple Oddo Active Smaller Companies dont seulement 21% de l’encours est investi en France, ou encore Quadrige Europe (25% en France).

2/ Vous appréciez le style d’une société de gestion en particulier

Derrière le choix des titres, il y a un processus de gestion propre à chaque maison de gestion. Ce processus, destiné à sélectionner les titres les plus prometteurs et à gérer les risques, peut aussi bien s’exprimer sur des mid et large caps.

Si vous êtes convaincu par l’approche d’une société de gestion particulière, restez dans la même maison et reportez-vous sur un autre fonds : Sextant Grand Large plutôt que Sextant PME, Agenor plutôt que Echiquier PME, Pluvalca France Small Caps plutôt que Pluvalca PME...


Quel que soit votre choix, n’oubliez jamais que les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps ! Tous les fonds mentionnés dans cet article présentent un risque en capital. Ne négligez pas les règles fondamentales de diversification.