Sell in may and go away... Ça marche ou pas ?

Publié le par LinXea

Sell in may and go away... Ça marche ou pas ?

Il y a un siècle, il n'y avait pas Twitter : les gentlemen à haut-de-forme qui échangeaient leurs actions papier à la Bourse s'amusaient avec des dictons boursiers.

 

L'un des plus connus est : « Sell in May and go away, come back at St Leger's Day », c’est-à-dire « Vendez votre portefeuille en mai et revenez à la Saint Léger ».

 

St Leger's Day fait référence à la troisième course d'un compétition hippique, la Triple Couronne Britannique, où des pur-sang anglais s'affrontent sur des épreuves de plat. Cette année, la course s'est tenue le samedi 16 septembre.

 

Si vous écoutez ces gentlemen, vous devez donc vendre en mai et réinvestir mi-septembre.

 

C'est bien joli, mais est-ce que ça marche ?

 

Depuis 1950, le S&P 500 a eu un rendement moyen de +0,4% pendant la période Mai-Septembre, contre +8,8% sur Octobre-Avril. La stratégie semble efficace, du moins historiquement.

 

Les marchés mondiaux étant corrélés, les résultats sont proches partout dans le monde. La stratégie fonctionne également rétrospectivement sur les très anciennes données boursières, comme celles de la fin du XVIIe siècle au Royaume-Uni . Troublant, non ?

 

La recherche en finance hésite sur les raisons de cette aberration statistique :

- des gérants de fonds plus prudents lorsqu'ils sont en vacances d'été,

- un biais comportemental ou méthodologique lié au paiement des dividendes en mai-juin,

- le rallye de fin d'année qui contribue fortement à la performance des actions à long terme...

 

Alors, devez-vous vous mettre au trading saisonnier ?

 

Même si la stratégie a été profitable par le passé, cela ne présage pas de son efficacité future. Le S&P 500 a ainsi progressé de près de 5% depuis mai 2017, supposément sa période « maigre » de l'année… Aura-t-il assez de potentiel pour accélérer cet hiver ? Impossible à savoir.

 

À long terme, l'important est d'avoir un portefeuille adapté à votre horizon d'investissement et à votre tolérance pour le risque. Une stratégie de « market timing » risque de vous faire dévier de ce plan et de mettre votre allocation d’actifs à la merci de vos émotions.

 

Si toutefois vous désirez suivre cette stratégie, l'assurance-vie est le support le plus adapté. Les arbitrages saisonniers ne déclencheront pas de fiscalité et le fonds en euros pourra rémunérer vos capitaux pendant la période où vous ne serez pas investi. Ni le compte-titres ni le PEA ne combinent ces deux avantages.

 

Enfin, pour adopter totalement cette stratégie, réservez assez tôt vos places pour la Triple Couronne : on dit qu'elles partent très vite !

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