La Banque Centrale Européenne et le dentifrice

Publié le par LinXea

La Banque Centrale Européenne et le dentifrice

Le Quantitative Easing et le Tapering ne sont sûrement pas vos sujets de conversation préférés à la machine à café… Mais vous savez qu’ils peuvent toucher votre épargne.

 

Clarifions ce sujet en trois questions ! Par respect pour notre langue, nous n’allons employer que des mots français (et le mot dentifrice, histoire de pimenter les choses).

 

1. Le quantitative easing, vous me le faites en français ?

 

La Banque Centrale Européenne a pour mission de maintenir le taux d’inflation annuel de la zone euro proche de 2%. La tâche est difficile : on craignait même la déflation (inflation négative) en 2015 !

 

En temps normal, la BCE baisse ses taux directeurs pour relancer l’inflation. C’est ce qu’elle a fait… mais une fois arrivés à 0%, elle a dû trouver de nouvelles idées. En 2015, elle a commencé à acheter des obligations de façon massive (le “quantitative easing”).

 

Pour tout acheteur, il y a un vendeur. Lorsque la BCE achète des obligations, un vendeur reçoit de la liquidité (des euros nouvellement créés). La BCE espère que ces euros iront s’investir dans l’économie, ce qui relancera l’inflation. Voilà le principe général de l’opération.

 

2. Et ça marche ?

 

Oui, même si l’inflation est plus proche de 1,5% que de 2%, la déflation semble évitée. Ce soutien est donc de moins en moins nécessaire.

 

Mais la BCE craint de brusquer les marchés. Par certains aspects, la liquidité d’une banque centrale ressemble à du dentifrice : facile à faire sortir du tube, difficile à faire réentrer.

 

La BCE réduira donc son soutien très progressivement. Au lieu de 60 milliards d’euros d’obligations achetées chaque mois, elle ne rachètera que 30 milliards par mois jusqu’en septembre 2018. C‘est le fameux “tapering”, détaillé le 26 octobre, que le marché anticipait avec crainte depuis deux ans !

 

3. C’est grave docteur ?


Les rachats obligataires de la BCE ont fortement contribué à la hausse des marchés, pas uniquement obligataires, mais aussi actions et immobilier. Un moindre soutien acheteur causera probablement davantage de volatilité.

 

Les épargnants devront donc être prudents et sélectifs au fur et à mesure que la BCE diminue le rythme de ses achats. Rien de très grave : le soutien restera massif début 2018 (30 milliards d’euros par mois tout de même !) mais il pourra s’éteindre progressivement au cours de l’année.

 

Et si nous ne connaissons pas l’avenir, nous avons tout de même une certitude : le fonds en Euros reste 100% garanti, un havre de paix à utiliser en cas de marchés chahutés !

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